Ponton Tourbiere
1

Randonnée à Saint Nicolas des Biefs

Aujourd’hui nous partons randonner sur le plateau de la Verrerie, à Saint-Nicolas-des-Biefs.

Cette petite commune se situe à 880 mètres d’altitude et le plateau de la Verrerie à plus de 1000 mètres. Il s’agit donc de la plus haute commune du département de l’Allier.

plateau Verrerie

Il me tenait à cœur de vous présenter ces lieux car ils offrent un véritable dépaysement et un fort contraste avec le reste du territoire de l’Allier.

Saint-Nicolas-des-Biefs, dont l’étymologie n’a pas sa source avec les « biefs », petits aqueducs conduisant l’eau de la rivière aux moulins,  est une déformation de « Nicolas d’Albiez » qui jadis fit ériger un oratoire dédié à Saint-Nicolas,  à l’extrême sud de l’Allier et aux frontières de la Loire.

En tant qu’accompagnateur en montagne, j’affectionne particulièrement ce lieu dans le sens où il s’agit d’un véritable terrain de moyenne montagne.

Dès l’arrivée sur le plateau de la verrerie, la végétation laisse entrevoir un climat rude et montagneux.  Les arbres en drapeau annoncent des vents forts et réguliers, les hêtraies et les végétations basses confirment que nous sommes dans un étage de végétation dit « montagnard ».

foin

La randonnée que nous allons parcourir commence au parking du foyer de ski de fond de Saint-Nicolas-des-Biefs, au croisement de la D420 et de la D478. Nous partons en suivant le GR3A dans la direction nord-est. Après quelques centaines de mètres sur une petite route goudronnée traversant « La verrerie », le sentier se faufile au travers d’une sapinière dense et typique de la Montagne Bourbonnaise, certains la nomment « Bois de Sorcières » nom qu’elle mérite par son ambiance sombre et mystérieuse.

A la sortie de cette sapinière nous arrivons directement au pied du plateau et de la tourbière. Le contraste est frappant car il nous offre un paysage très ouvert et verdoyant. La végétation, verte et grasse, est le signe d’une forte présence d’eau. Les printemps sont fleuris d’orchidées, de renouées bistortes, de linaigrettes et même de plantes carnivores, les droseras.

LINAIGRETTE

Ce tapis de verdure confirme clairement que nous sommes sur une tourbière. Cette dernière est une zone d’un grand intérêt écologique, faunistique et floristique. Elle a également la particularité de jouer le rôle « d’éponge » en stockant l’eau au sein de ses sphaignes (plantes spongieuses de zone humide) et en la redistribuant progressivement. La tourbière agit donc comme un régulateur naturel des débits d’eau.

Orchis

En progressant dans la randonnée, nous croisons un ponton de bois qui nous permet d’avancer au cœur de la tourbière sans craindre de se faire happer dans les eaux profondes et tourbeuses et ne pas détériorer ce milieu si rare et si fragile.

Ponton Tourbiere

L’aller-retour sur ce ponton permet d’admirer toute la végétation et de s’avancer au dessus des nombreux trous d’eau que compte la tourbière. Pour les yeux des plus aguerris, s’offrent les « droseras rotundifulias », ces petites plantes carnivores dépassant de quelques centimètres le tapis de sphaignes.

Drosera

Sortis du ponton, nous continuons sur le plateau en direction du « Rez de Musy ». La traversée dans les landes à callunes parsemée de pins et de boulots offre un paysage découvert et presque désertique.  Après quelques mètres de dénivelé, nous arrivons au « Roc du Vacher ». Sur ces pierres granitiques  qui connaissent de nombreuses légendes, il est possible de trouver quelques gravures énigmatiques.

Et de là, s’offre à nous un point de vue  sur le bassin Roannais, sur les monts de la Madeleine et pour les plus chanceux une vue surprenante sur le Mont-Blanc les jours de temps sec.

gravure roc du Vacher

La sortie du plateau nous conduit au « Rez de Musy ».  Il n’y reste plus qu’une croix en vestige de l’ancien village de Saint-Nicolas-des-Biefs jadis construit en ce lieu. Le climat rude de ce plateau a contraint les habitants à redescendre de quelques centaines de mètres d’altitude pour reconstruire le village dans un lieu où le climat serait plus clément.

La fin du circuit nous ramène directement à la Verrerie. Petit hameau qui tire son nom de l’implantation de verriers au 17eme siècle. Ils purent trouver sur place tous les éléments nécessaires à la production d’objets en verre. Le bois pour alimenter les fours, l’argile et  les fougères dont les cendres apportaient le sel de potassium qui entre dans la composition du verre. Les colporteurs n’avaient plus qu’à sillonner les campagnes pour vendre leur marchandise, principalement de la gobeleterie.

Ce circuit  se réalise en 2 à 3 heures et ne compte que très peu de dénivelé, il est donc accessible au plus grand nombre. Et pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur la faune, la flore, le patrimoine ou encore l’histoire de ce village, je reste à votre disposition.

> Autres circuits en montagne bourbonnaise


Allierauvergne nouveau mondebaladeMOntagne Bourbonnaiseplateautourbières

Thibault De Larebeyrette • 8 juillet 2014


Article précédent

Article suivant

Commentaires

  1. Christian Prat 15 décembre 2016 - 10 h 10 min Répondre

    Bonjour,

    Le point culminant des Monts de la Madeleine est aux Pierres du Jour à 1165 m d’altitude et se situe sur la commune de Laprugne (03 – Allier)

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié / Les champs requis sont marqués *

Live Auvergne
Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies afin de mesurer la fréquentation de nos services, d’optimiser les fonctionnalités du site et de vous proposer des offres adaptées à vos centres d’intérêt. En savoir plus.